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19/02/2010

A quoi pense Bernard Henri Levy quand il écrit ?

Je ne vais pas revenir sur l'affaire Botul qui a fini par mettre notre grand homme en colère ce matin sur France Inter, s'exclamant qu'il emmerdait tous ceux qui ne voyaient en son pavé de plus de mille pages que les 3 lignes erronées à ce sujet.
Erreur tragique ou comique, c'est selon bien entendu.
Cette erreur donne quand même une petite idée de la somme d'orgueil et du besoin de reconnaissance absolu qui animent BHL.

22/11/2009

Dans ma bibliothèque : Albert Camus.

"A midi, sur les pentes à demi sableuses et couvertes d'héliotropes comme d'une écume qu'auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, à cette heure, se soulevait à peine d'un mouvement épuisé et je rassasiais les deux soifs qu'on ne peut tromper longtemps sans que l'être se dessèche, je veux dire aimer et admirer. Car il y a seulement de la malchance à n'être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd'hui, mourons de ce malheur. C'est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue revendication de la justice épuise l'amour qui pourtant lui a donné naissance. Dans la clameur où nous vivons, l'amour est impossible et la justice ne suffit pas. C'est pourquoi l'Europe hait le jour et ne sait qu'opposer l'injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se racornisse, beau fruit orange qui ne contient qu'une pulpe amère et sèche, je redécouvrais à Tipasa qu'il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l'injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l'ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m'avait jamais quitté. C'était lui qui pour finir m'avait empêché de désespérer. J'avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c'est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible."
" L'Eté ", extrait du Retour à Tipasa, d'Albert Camus (1952)



"Il y a du malheur à ne point aimer."
L'été est mon texte favori.
Note dédiée à ceux qui s'y reconnaitront.
Tous les Etrangers sans doute.
Et ceux qui pensent aussi qu'il y a en eux un invincible été.



Et toi tu lis quoi ?

Je regarde en replay l'émission sur le Livre préféré des Français : il s'agit d'un livre de Sophie Grimaldi intitulé Il est gran...